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Un lauréat assoiffé d’engagements et de réalisations

Par Marie-France Létourneau, collaboration spéciale

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Depuis qu’il a entrepris des études universitaires en génie des eaux, Louis-Phillipe Noël enchaîne les projets pour mieux comprendre les défis liés à la gestion de l’eau au Québec et imaginer des solutions concrètes. Son engagement et sa volonté d’innover lui ont valu le Prix de la Relève EAU André-Perrault 2026, décerné par le Centre d’interprétation de l’eau (C.I.EAU).

La candidature de l’actuel doctorant à l’Université Laval a été retenue parmi une dizaine d’autres, affirme Isabelle Côté, directrice du C.I.EAU. Située à la station d’eau potable Sainte-Rose, à Laval, cette institution muséale a pour mission de promouvoir la protection et l’utilisation responsable de l’eau.

Parmi ses différentes réalisations, Louis-Philippe Noël est notamment à l’origine de la Compétition nationale canadienne de traitement des eaux, organisée par la Société canadienne de génie civil. La première édition de cet événement étudiant s’est déroulée en 2025 à Winnipeg; la deuxième s’est tenue en mai dernier à l’Université de Moncton.

Dans le cadre de cette compétition, les équipes doivent, entre autres défis, concevoir et construire des filtres pour traiter des eaux usées simulées.

« J’ai participé à ce type de compétition en Californie, aux États-Unis, durant mon baccalauréat, avec l’équipe de l’Université Laval, explique l’étudiant de 27 ans. Il n’y avait rien de semblable au Canada, alors que ce domaine est tellement important. J’ai donc décidé de lancer une compétition canadienne. »

Projets en série

Louis-Philippe Noël est également cocréateur et animateur du balado Géni’EAU. Depuis 2023, ce média donne une voix aux différents acteurs du secteur de l’eau et permet de mettre en lumière les innovations ainsi que les travaux de recherche réalisés.

« C’est fou à quel point des gens font des choses incroyables au Québec. C’est tellement méconnu ! », dit-il.

Triathlète à ses heures, Louis-Philippe a également organisé un Nage-o-thon en 2024 à l’Université Laval. Plus de 4000 $ ont été amassés et remis à la Fondation One Drop, dont la mission est de favoriser l’accès à l’eau potable.

Et ce n’est pas tout. Gagnant du Défi AquaHacking Québec 2025, Louis-Philippe Noël a cofondé Sulys la même année. Cette jeune pousse combine l’intelligence artificielle et l’analyse de l’ADN dans l’eau afin de mieux prévenir les risques pour la santé et l’environnement.

L’aquaculture, soit l’élevage d’animaux et de végétaux en milieu aquatique, est dans la mire de Sulys. « Les productions peuvent être affectées par des pathogènes qui ne sont pas détectés à temps, explique le jeune entrepreneur. Notre but, c’est de protéger la santé humaine, animale et environnementale. »

Dans un monde idéal, Louis-Philippe Noël prévoit terminer son doctorat en décembre 2027. Il participe à un vaste projet visant à détecter la tuberculose – la maladie infectieuse la plus mortelle au monde – grâce à la surveillance des eaux usées au Nunavut.

Inspirant

Le jury du Prix de la Relève Eau André-Perreault, nommé ainsi à la mémoire du fondateur du C.I.EAU, a été séduit par l’ensemble des réalisations et des initiatives de Louis-Philippe Noël, souligne Isabelle Côté. « Tout ça témoigne d’un engagement important et d’un grand leadership », fait-elle valoir.

« C’est vraiment inspirant de voir à quel point les jeunes peuvent être impliqués dans le secteur de l’eau, ajoute-t-elle. Ça nous rappelle que notre mission, au C.I.EAU, est porteuse de sens et qu’il faut la poursuivre. »

Mme Côté, affirme par ailleurs que le rayonnement de l’organisme est en croissance, notamment dans les milieux scolaires. « Nous avons également une portée de plus en plus provinciale et même nationale », conclut-elle.

Le principal intéressé affirme que ce prix a une symbolique importante pour lui. « Ça souligne exactement ce que je veux faire : faire partie de la relève pour protéger l’eau », dit-il.

C’est lors d’un voyage en Asie du Sud-Est que Louis-Philippe Noël a eu le déclic pour l’eau. Il y a découvert les joies de la plongée sous-marine, mais aussi les enjeux liés à l’accès à l’eau et leurs répercussions sur les conditions de vie.

« On est choyés, au Québec, mais il y a quand même des enjeux d’infrastructures, de consommation excessive, de micropolluants et autres », dit-il.

Le Prix de la Relève Eau André-Perreault a été remis lors du Salon des technologies environnementales du Québec, organisé par Réseau Environnement. Le jury était notamment composé de Marie-Paule Jeansonne, directrice générale de la Fondation de Gaspé Beaubien, de Nicolas Fabre, coordonnateur au secteur Eau de Réseau Environnement, et de Martine Lanoue, ingénieure en gestion des eaux à la Ville de Terrebonne.

 

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