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Un outil pour structurer l’inventaire des infrastructures vertes

Par Roumaissa Boutalba

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Partout au Québec, les municipalités transforment leurs milieux de vie pour les rendre plus résilients face aux aléas climatiques. Pour mieux gérer les eaux de ruissellement, elles intègrent de plus en plus d’infrastructures vertes dans l’aménagement de l’espace public. Pour que leur pérennité soit assurée, ces infrastructures doivent être reconnues et gérées comme des actifs municipaux à part entière.

Des actifs à préserver 

Comme une infrastructure grise, une infrastructure verte possède une valeur de remplacement, se détériore avec le temps et doit ultimement être renouvelée. Son entretien est toutefois essentiel, puisque sa performance dépend d’une combinaison d’éléments gris et d’éléments vivants. Faute d’entretien, l’accumulation de sédiments et le colmatage des sols filtrants peuvent réduire la capacité des ouvrages à infiltrer ou à retenir les eaux de ruissellement lors de pluies importantes.

Structurer l’inventaire pour mieux gérer les actifs

Encore faut-il savoir où se trouvent ces actifs et dans quel état ils sont. Sans inventaire structuré, difficile de les exploiter, de les entretenir ou d’en planifier le renouvellement.

C’est dans cette optique que le Centre d’expertise et de recherche en infrastructures urbaines (CERIU) a publié, en 2026, l’Outil d’aide à la réalisation d’un inventaire des infrastructures vertes de gestion des eaux pluviales, réalisé grâce au soutien financier du gouvernement du Québec dans le cadre du Programme d’infrastructures municipales d’eau 2023-2033. Il a été conçu avec l’appui d’un comité multidisciplinaire réunissant des représentants des milieux municipal, universitaire, institutionnel et privé ainsi que des OBNL.

Un outil adapté aux réalités municipales

L’autrice propose ensuite une analyse détaillée des répercussions de la densification sur les infrastructures en eau.

L’outil propose un gabarit permettant de recenser et de classer les infrastructures vertes de gestion des eaux pluviales selon trois catégories :

  • es infrastructures végétalisées ;
  • les infrastructures non végétalisées ;
  • les autres infrastructures répondant à des contextes particuliers. Chaque catégorie est décrite dans la section « Aide » afin de guider les équipes lors de la saisie. Présenté sous forme de chiffrier Excel flexible et adaptable, l’outil permet de consigner les principales données descriptives : localisation par coordonnées GPS, typologie, caractéristiques physiques et techniques, état, valeur de remplacement, etc.

Des données au service de la gestion municipale

L’outil produit un portrait global des infrastructures vertes en fournissant des données sur leur nombre, leur valeur de remplacement et leur état. Il facilite aussi la planification des interventions et l’estimation des coûts, tout en générant automatiquement des tableaux de bord et des bilans graphiques qui soutiennent la priorisation des actions et la prise de décision.

L’inventaire permet ainsi de répondre à des questions clés : combien d’infrastructures vertes sont en service, où sont-elles situées, quelles fonctions remplissent-elles, dans quel état se trouvent-elles, qui en a la responsabilité et quelles ressources financières sont nécessaires à leur maintien ?

L’objectif n’est pas de tout inventorier, mais d’inventorier uniquement ce qui est utile. Grâce à différents niveaux de caractérisation, chaque municipalité peut adapter son inventaire à ses besoins, à ses ressources et à ses priorités, puis le faire évoluer au fil du temps.

Favoriser la collaboration

Les infrastructures vertes sont au carrefour de plusieurs responsabilités municipales. Leur inventaire ne devrait donc pas être porté par une seule équipe, mais être construit avec celles et ceux qui les conçoivent, les entretiennent, les exploitent et les financent. En centralisant l’information dans une même source de données, la municipalité évite les silos, limite les doublons et facilite la mise à jour des données.

Sur le terrain, les intervenants travaillent souvent avec des visions, des vocabulaires et des outils divergents. Il en résulte parfois un manque de clarté quant aux rôles et aux responsabilités, ce qui complexifie le suivi des infrastructures.

Un inventaire unique, c’est :

  • un langage commun, puisque tous les services s’appuient sur les mêmes catégories, définitions et données ;
  • une mémoire organisationnelle préservée, puisque l’historique des ouvrages et des interventions est consigné, évitant ainsi la perte d’information lors du départ d’un membre du personnel ;
  • une vision d’ensemble partagée, puisque tous les services accèdent aux mêmes données, ce qui facilite la coordination des activités et la reddition de comptes auprès des élus et des citoyens.

Mieux planifier les interventions

En répertoriant l’emplacement, le type et l’état des infrastructures vertes, l’inventaire aide à en planifier l’entretien, à mieux connaître la capacité d’infiltration du territoire et à orienter les investissements. Jumelé aux données sur les infrastructures grises, il offre également une vue d’ensemble des actifs municipaux et soutient une planification optimale du territoire.

Soutenir l’amélioration continue

Réaliser et mettre à jour un inventaire des infrastructures vertes permet non seulement de connaître les ouvrages en place, mais aussi de suivre leur performance au fil du temps. En comparant les résultats selon les types d’infrastructures et les secteurs du territoire, les municipalités peuvent repérer les approches les plus efficaces et celles qui nécessitent des ajustements.

Cette connaissance contribue à améliorer les pratiques de conception, d’entretien et de gestion des infrastructures vertes. Elle fournit également des données utiles pour en démontrer l’apport, justifier les investissements futurs et appuyer leur intégration aux projets d’aménagement et aux stratégies de gestion des eaux pluviales.

Commencer simplement est souvent la meilleure façon d’avancer. Même un inventaire de base permet de mieux connaître les actifs, favorise la collaboration entre les services et éclaire la prise de décision.

L’Outil d’aide à la réalisation d’un inventaire des infrastructures vertes de gestion des eaux pluviales peut être téléchargé gratuitement sur le site Web du CERIU à l’adresse suivante :

https://ceriu.qc.ca/bibliotheque/outil-aide-realisation-inventaire-infrastructures-vertes-gestion-eaux-pluviales

 

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