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EXTRA : EnviroCompétences – Préoccupante pénurie de main-d’œuvre

Par Marie-France Létourneau, collaboration spéciale

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La pénurie de main-d’œuvre continue de fragiliser des secteurs névralgiques de l’environnement. Selon la directrice générale d’EnviroCompétences, Dominique Dodier, les métiers de l’eau, étroitement liés à la santé publique, sont particulièrement touchés. Dans le domaine des matières résiduelles, en plein essor, les besoins de recrutement dépassent eux aussi l’offre disponible.

Ce n’est pas la première fois que Mme Dodier tire la sonnette d’alarme sur la situation « catas-trophique » des métiers de l’eau. La problématique perdure depuis des années.

Bien que les différents programmes de formation permettent de diplômer chaque année entre 150 et 200 nouveaux opérateurs et techniciens en traitement et en assainissement des eaux, plus de 500 travailleurs prennent leur retraite annuellement. La relève qualifiée est donc insuffisante pour combler les besoins actuels et futurs de main-d’œuvre dans ce secteur, souligne-t-elle.

Les nouvelles mesures gouvernementales en matière d’immigration accentuent également le problème. Elles limitent l’accès de certains acteurs majeurs du secteur, dont Aquatech et Nordikeau, à un bassin de travailleurs qualifiés en France, déplore vivement Dominique Dodier.

Au-delà d’une révision des règles d’immigration, plusieurs pistes de solution peuvent être envisagées, estime la directrice générale d’EnviroCompétences, qui représente le comité sectoriel de la main-d’œuvre en environnement.

Elle évoque notamment l’accélération de la formation, des mesures pour faciliter la requalification des travailleurs ainsi qu’un arrimage plus étroit des investissements en formation aux besoins du marché du travail.

Grands chantiers

Dominique Dodier souligne en outre que la gestion des déchets est au cœur d’une petite révolution chez nous. « On parle beaucoup de gestion de la consigne et de matières résiduelles au Québec. Il y a de grands chantiers, de grands vœux et de grands rêves, dit-elle. Mais est-ce qu’on a les ressources en quantité et en qualité pour les réaliser ? » La réponse à cette question est non, estime cette spécialiste des services liés à la main-d’œuvre. Bien que les centres de tri soient aujourd’hui plus automatisés qu’auparavant, ils demeurent tributaires d’une main-d’œuvre importante. Des travailleurs sont également nécessaires pour transformer les matières récupérées et les réintroduire dans l’économie. « Les besoins restent considérables », résume Mme Dodier.

Au Québec, 10 000 emplois sont liés à la gestion des matières résiduelles. Selon Mme Dodier, le contexte actuel souligne plus que jamais l’importance, pour les acteurs concernés – à commencer par le ministère de l’Emploi –, de mieux cerner les compétences dont auront besoin les différents secteurs pour atteindre leurs objectifs de développement économique.

« En planifiant davantage les compétences, on peut mieux orienter les actions et les projets, mais aussi influencer la formation continue et la formation diplômante. Il faut assurer une adéquation entre les compétences et les besoins réels des entreprises », conclut-elle.

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